Morceaux de Vian (2003)

inspiré de Boris Vian

théâtre par Divers

 

Vous reprendrez bien un petit morceau de Vian?

Ce serait l’histoire d’un disque rayé: « Pourquoi que je vis ? »
Ce serait un homme allant à l’armée.
Mais ce pauvr’ garçon qui marche à l’envers: « C’est d’un goût exquis »
Quand il se redresse, c’est tout de travers.

Ca s’raient des généraux qu’ont rien dans le citron: « Canons à vendre ! »
Et qui mélang’raient serviette et torchon.
Ca s’raient des messieurs qui ont dans la tête: « Puisqu’on va te pendre ! »
De tout balayer et de faire place nette.

Ce s’rait un conscrit con comme un balai: « Moi, tu sais, la guerre... »
Disant à l’enn’mi qu’il n’est pas si laid.
Ce s’rait un pantin désarticulé: « On coupe nos arrières ! »
Demandant: Jusqu’où vont-ils m’acculer ?

Ce s’raient une ch’mise blanche et un noir veston: « Quel âge avez-vous ? »
Qu’on mettrait en marche avec un bouton.
Mais sous le sourcil du regard opaque: « Y’en a qui ont du goût... »
Un oeil de pouliche fait tourner son sac!

Ce s’rait une caboche sans dents de devant: « Non, c’est pas joli »
Et dans la citrouille, y’aurait que du vent.
Ce serait un homme qui a peur de mourir: « Pourquoi que je vis ? »
Et qui vous demande si c’est pour de rire.

Ce s’rait un récit qu’on prend à rebours: « J’irai chez Satan »
Avec la question: Qui a fait l’amour ?
Ce seraient enfin deux êtres de chair: « Ceci est mon sang »
Qui mang’raient des fruits pour vraiment pas cher.

Ce s’rait une histoire qu’on mettrait en pièces: « Qui sont ces pourceaux ? »
Comme on marche au pas: en serrant les fesses.
Morceaux de musique et morceaux de corps: « Encore un morceau ? »
Qui osera dire qu’il en veut encore ?

Mise en Scène : Gabriel Chang, Florent Meyer

Avec :
Christophe Cauvin, Gabriel Chang, Julien Juge, Lucie Mercier, Florent Meyer, Michel Rousseau, Yannis Truc.
Musique : Julien Bories, Julien Juge.

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